Auteur : Asthom - Thomas MADER

En pleine mission de commerce de guilde sous le soleil de plomb du Désert Doré, les Extracteurs font un point sur les événements de la veille en prenant conscience que pour arriver à se défendre face à la guilde NB qui leur casse de plus en plus les noix, les Extracteurs doivent grossir leurs rangs.

An 332 après Grand Cataclysme, 9 septembre. Désert Doré – Journée.

Chargés jusqu’au cou, les Extracteurs rejoignent le Port de Kumadura pour y livrer des packs de diverses spécialités de Wellwood fabriqués pour la revente.

Durant des décennies, le port a toujours été un point névralgique important de l’économie des trois pays formant le continent d’Eto et au-delà de ce dernier. Situé bien au sud de Talgard, les Elfes, une civilisation pacifique en parfaite harmonie avec la nature dont une majorité évinçait toute sorte de manipulation technologique qui soit, prônant la contre-nature de la chose, en étaient depuis toujours responsable.

Sous l’écrasante chaleur du Désert Doré, une région aride où l’absence absolue d’eau rend la vie impossible au nord du Port de Kumadura, les quatre aventuriers discutent des récents événements tout en envisageant de grossir leurs rangs.

– Asthom : Et le plus absurde dans cette histoire, c’est bien les Last Templars qui n’ont même pas essayé de nous piquer la gemme. Qui l’aurait cru ? La deuxième guilde au classement, réputée elle aussi pour ses attaques orchestrées sur les petites guildes, renonce à un tel objet.

– Elkiu : Hm… Leur clémence à votre égard se comprend parfaitement.

– Asthom : Euh… Tu veux m’expliquer ?

– Liliana : Tu l’as su, mais t’étais bien trop saoul pour te rappeler…

– Elkiu : Grosso merdo, les LT ont monté leur propre alliance pour démonter les NB.

– Asthom : Mais c’est horrible !

– Damdam : C’est quand qu’on arrive ?

– Asthom : On ne t’a pas demandé de l’ouvrir toi. Avance ! Où j’en étais… Ah oui. Mais c’est horrible ! Si les LT s’allient avec d’autres guildes contre le NB, mais que ta propre guilde ne fait pas partie de cette alliance, ça fait d’elle leur ennemie. On est foutuuuuuu !

– Elkiu : Jusqu’à preuve du contraire, ils ne vous ont rien fait.

– Liliana : Cette fois-ci, mais qui dit que la prochaine en sera tout autant pareille…

– Asthom : Et nous ne sommes même pas en mesure de rivaliser un minimum. On se ferait écraser.

– Elkiu : Dans ce cas, je ne vois qu’une solution… Recruter.

– Asthom : S’ils sont tous comme l’autre, bonjour le recrutement de qualité.

– Liliana : Je crains que la qualité ne soit un luxe que nous ne pouvons nous offrir.

– Elkiu : Lili a raison. En attendant, on va se contenter de ce que nous pouvons avoir. On va lancer un recrutement massif. Il va falloir couvrir un maximum de lieux et moyens pour que cela fonctionne.

– Asthom : Ma fonction de chef des GS me permet d’avoir quelques connaissances. Je leur en toucherai quelques mots.

– Liliana : Même chose pour moi. Je demanderai à Floralis d’en parler au Maître de l’Ordre des Prêtres.

– Damdam : C’est qui Floralis ?

– Liliana : Ma fille, mais je te conseille de rester assez loin d’elle.

– Damdam : Ok. Je fais quoi moi ?

Arrivés en plein milieu du Désert, à mi-chemin de leur point d’arrivée, une épaisse fumée noire attire l’attention des Extracteurs. Une fois sur les lieux, ils y découvrent un homme d’une trentaine d’années, habillé de manière plutôt luxueuse malgré l’immense chaleur, tentant désespérément de faire fonctionner sa charrette marchande motorisée.

– Asthom : On dirait bien que votre charrette ne redémarrera pas mon bon monsieur.

– N’approchez pas !

L’air menaçant, l’homme sort un bâton d’élémentaliste attaché à son dos et le brandit en direction des Extracteurs.

– Asthom : Oula tout doux. Je suis GS, et mon amie Liliana aussi.

– Oui je vous reconnais. Pardonnez-moi, je suis un peu sous tension. D’autres personnes aux tout autres intentions sont passées avant vous dans l’espoir de dérober ma cargaison.

– Elkiu : La plupart des personnes qui ont une charrette comme la vôtre font soit partie d’une guilde commerçante ou sont soit des commerçants indépendants. A en juger vos accompagnateurs, vous devez être la seconde option.

– Nosphératus : Bien vu jeune demoiselle. Je m’appelle Nosphératus, marchand itinérant.

– Liliana : Vous ne devriez pas être seul par les temps qui courent Nosphératus.

– Nosphératus : Je sais me défendre de tous ces rapaces. « Aide-toi et le ciel t’aidera », c’est ce que je leur dis souvent après leur avoir mis une petite fessée.

Le commerçant fixe Elkiu en lui décrochant un petit clin d’oeil. Gênée, la jeune prêtresse détourne son regard.

– Asthom : Vous êtes bien chargé en plus. Simple curiosité, que transportez-vous ?

– Nosphératus : De la pulpe de cactus tacheté que je compte livrer au Comte d’Omerdalor. Si la cuvée est bonne, vous pouvez vous faire une petite fortune.

– Asthom : Ouuuuuuh va falloir faire plus de descente à Kumadura alors.

– Nosphératus : En retour, puis-je vous poser une question ?

– Asthom : Qu’est-ce que vous voulez savoir ?

– Nosphératus : J’entends beaucoup de choses à votre sujet ces temps-ci, dont cette histoire de gemme de magie pure. La rumeur est-elle vraie ?

– Asthom : Elle l’est, et je jubile devant toutes les convoitises qu’elle engendre.

– Nosphératus : Si ce n’est pas trop indiscret, que comptez-vous en faire ?

– Asthom : Je n’ai pas encore décidé.

– Nosphératus : Le jour où vous souhaiterez la vendre, passez me voir. J’habite la grande maison baptisée « Mescher » qui se situe autour des champs de vignes tout près de Talgard. Vous ne pouvez pas la louper, il y en a qu’une.

– Asthom : J’vous préviens, je suis dur en affaire.

– Nosphératus : Je le suis aussi. Bien, si vous voulez m’excuser, je vais m’y remettre.

– Liliana : Ça ira ? Vous avez besoin d’aide ?

– Nosphératus : Ne vous en faites pas, ce n’est pas la première fois que titine en fait qu’à sa tête.

– Elkiu : Bon eh bien nous pouvons partir… Nos packs ne vont pas se livrer seuls.

– Nosphératus : Bon chance et j’espère à bientôt.

Nosphératus réitère son clin d’oeil pour Elkiu qui se presse d’emboîter le pas à ses compagnons. Une fois éloignés du marchand, Asthom, qui s’est aperçu des quelques tentatives de drague de la part de Nosphératus, ne peut se retenir de taquiner la jeune femme à ce propos.

– Asthom : On dirait qu’il en pince pour toi.

– Elkiu : Mais n’importe quoi !

– Asthom : Aaaah… Princesse des coeurs un jour, princesse des coeurs toujours.

– Elkiu : Non mon p’tit prince des crevards.

– Asthom : Notre chef de guilde aurait un coup de coeur pour ce beau mâle ?

– Elkiu : Et toi, parlons de cette fille que tu n’arrives pas à aborder depuis des mois.

– Asthom : Ok ok j’ai compris, j’arrête.

– Damdam :  C’est quand qu’on arrive ?

– Elkiu et Asthom : Ta gueule !

Après deux heures de marche en plein cagnard, les Extracteurs arrivent enfin au Port de Kumadura et apportent immédiatement leurs paquets de spécialités au chef de commerce.

– Chef de commerce : Je vous en donne pour 8 pièces d’or.

– Asthom : Par pack ?

– Chef de commerce : Ah ah ! Elle est bien bonne. Non, 8 pièces d’or pour le tout.

– Elkiu : QUOI ?!

– Chef de commerce : C’est le cours du marché ma petite dame, l’offre et la demande.

– Elkiu : Écoute-moi bien le vieux, je n’ai pas fait tout ce chemin depuis Wellwood pour récupérer seulement 8 pièces d’or. Alors tu vas être généreux et nous proposer au moins le triple ou sinon… JE TE PÈTE LA GUEULE !

– Chef de commerce : Je ne peux rien faire. Allez vous en prendre à celui qui a fait chuter le cours à lui seul. Il est là-bas en train de préparer son retour.

Le chef de commerce désigne du doigt un jeune homme non loin en train de charger une nouvelle cargaison dans son chariot commercial tracté par deux moumouttes blancs, animaux quadrupèdes mesurant environ 1 mètre, au corps si laineux qu’on y peine à distinguer leurs deux yeux noirs.

Quand l’homme en question se retourne pour récupérer une caisse, la réaction d’Elkiu ne se fait pas attendre.

– Elkiu : Toi !

– Luxyario : Oh putain pas elle…

Luxyario s’empresse de charger les quelques packs qu’il lui reste pour repartir et ainsi éviter la prêtresse. Trop tard.

– Elkiu : C’est à cause de toi de nos packs se vendent une misère !

– Luxyario : Oh lalala, arrêtez de vous plaindre une minute. Je ne fais que travailler.

– Elkiu : Tu vas me rembourser ce que tu…

Luxyario récupère une petite fiole remplie d’une mixture peu ragoûtante de sa besace. D’un vif geste, il la fait respirer à Elkiu qui perd brusquement connaissance à cause de l’odeur immonde qui s’en dégage.

Liliana, Asthom et Damdam accourent aussitôt. Luxyario en profite pour déguerpir immédiatement.

– Liliana : C’était qui lui encore ?

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